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LE COMMERCE EQUITABLE ET SES CRITERES

Environnement international
Le mouvement du Commerce Equitable développe un commerce au service des femmes et des hommes. Il s’oppose aux spéculations et au seul but de profits individuels. Au contraire, il cherche à promouvoir une alternative commerciale qui soit « juste » et qui établisse une relation directe (le plus possible) et équitable entre producteur et consommateur. Les entreprises fonctionnent alors sur la transparence et la limitation au maximum du nombre d’intermédiaires. Les tenants de la démarche font la promotion de la démocratie, de la transparence et du respect des droits de l’homme. Les prix sont déterminés non seulement par les coûts de production effectifs, mais prennent aussi en compte les coûts de production humains et sociaux et doivent permettre aux producteurs de couvrir leurs besoins vitaux et de vivre dignement de leur travail. Toutefois, la fixation des prix résulte aussi des exigences du marché afin de rester dans des proportions de prix acceptables au niveau de la vente. Les différents acteurs sont les vendeurs-détaillants, les distributeurs et les importateurs (en Suisse, cette fonction est souvent regroupée au sein d’une entité commerciale), les organisations de producteurs ainsi que les organismes de certification/labellisation qui se sont regroupés au sein d’associations faîtières[1].
D’un courant au départ plutôt religieux / humaniste au milieu du 20ème siècle, le commerce équitable est peu à peu relayé par des militantes et des militants informés et sensibilisés, s’étendant à un plus large public par la notion consensuelle de développement durable. Certains pensent aujourd’hui important que cet axe développement durable qui allie de manière indissociée social, économie et écologie pour des processus bénéficiant aux générations futures, s’applique aussi bien aux productions des pays en devenir que pour les producteurs proches.
Grâce notamment au « Sommet de la Terre » à Rio en 1992, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux conditions de vie des populations et aux enjeux écologiques. Le commerce équitable a dès lors connu un essor fulgurant, le consommateur réalisant les répercussions qu’implique son acte d’achat sur l’ensemble de la chaîne. Depuis, on parle volontiers de « Consom’acteur », car consommer est devenu autant un véritable acte politique, une philosophie de vie qu’un acte de solidarité.
En 2006, les ventes de produits certifiés équitables étaient estimées à plus de 1,609 milliards d'euros, une augmentation de 41 % par rapport à l'année précédente [[2]]. On estime que près de 1,5 million de producteurs et travailleurs défavorisés en bénéficient directement[3]. Le commerce équitable prescrit 10 normes que ses tenants, tant au Nord qu'au Sud, doivent appliquer quotidiennement dans leur travail[]. Dans le cas des membres IFAT ou des groupes certifiés FLO, différents systèmes de contrôle sont en place afin de s'assurer que ces normes soient respectées. Malgré une hausse des ventes constantes ces dernières années avec une croissance rapide, ce commerce représente une part très marginale du commerce international. L’Europe représente à elle seule près de 60 % de la part du marché mondial équitable et a enregistré en 2005 un chiffre d'affaires de 660 millions d’euros, soit + 154 % en cinq ans réalisés dans 79 000 points de vente, dont 55 000 supermarchés. La Suisse et le Royaume-Uni sont en tête avec des parts de marché significatives : 47 % du marché des bananes en Suisse, 5,5 % du marché du café au Royaume-Uni. Les magasins spécialisés en commerce équitable sont au nombre de 2 800 et rassemblent 100 000 bénévoles.
 
Retail Value
Chiffre d'affaires global du commerce équitable[4]
[].
Année Chiffre d'affaires

2006 1'609'000’000
2005 1'141'570’191
2004 831'523’066
2003 554'766’710
2002 300'000’000
2001 248'000’000
2000 220'000’000
 
 
 
Environnement Suisse
En créant, le 8 octobre 2007, l’association Swiss Fairtrade[5], les principaux acteurs du commerce équitable de notre pays s’unissent pour renforcer leur engagement. Succédant au forum suisse du commerce équitable, réseau informel créé au début des années 2000, la nouvelle association réunit les principaux protagonistes suisses (importateurs, organismes de labellisation, organisations faîtières du commerce spécialisé de détail et ONG militantes) et devient la référence en matière d’un commerce qui favorise les relations commerciales durables. Les organisations membres s’engagent pour que les paysan-ne-s, les artisan-e-s et les petites entreprises travaillant dans des conditions et des régions défavorisées tirent de la commercialisation de leur production des ressources suffisantes pour s’assurer un avenir durable et un développement autonome. En tant que porte-parole, l’organisation informe le monde politique et suit l’actualité d’un regard critique. Swiss Fairtrade dénonce donc les pratiques commerciales inéquitables et soutient les productrices et producteurs du Sud. Le succès du commerce équitable se traduit par de nouveaux défis. Parce que le secteur commercial conventionnel se soucie davantage de l'éthique, il est primordial de rappeler ce qu'est le commerce équitable et de préciser les critères définissant un véritable partenariat avec les producteurs et productrices. Le mouvement en Suisse, mais aussi dans le monde, soutient les initiatives commerciales cohérentes et durables et se démarque de la profusion d'étiquettes diverses et d'instruments de marketing. Celles-ci s'engagent à respecter les principes et standards dans les échanges commerciaux avec les pays du Sud. Le respect de ceux-ci est contrôlé au moyen d'une procédure de « reporting » annuelle dont les conclusions sont publiées. Ces standards concrets permettent aux associations membres de se démarquer clairement des initiatives équitables « privées » en constante augmentation. Les acteurs du mouvement du commerce équitable estiment qu'une clarification de la notion de commerce équitable est nécessaire et urgente et qu'il convient d'agir rapidement pour éviter une dégradation des critères de qualité et de la crédibilité.

Environnement genevois
Le Réseau du commerce équitable à Genève est informel et rassemble divers acteurs[6] : Magasins du Monde, Cap Indigo, le Balafon, la Calebasse, Heartical et la Boutique Ayni. Des collaborations ont lieu régulièrement selon les opportunités, notamment lors de la semaine annuelle du commerce équitable durant laquelle une multitude d’activités a été mis sur pied grâce aux soutiens de la Fédération Genevoise de Coopération et plusieurs collectivités publiques ainsi quel ors d’actions plus spécifiques. « Consom’acteur » Les Magasins du Monde en Suisse sont précurseurs dans le commerce équitable puisqu’ils ont été les premiers d’une part, à s’organiser et, d’autre part, à ouvrir des magasins gérés localement par des groupes de personnes militantes et convaincues dépassant de fait les groupes informels existants jusqu’alors (mouvements de paroisses notamment). A Genève, ce n’est que dans la deuxième moitié des années quatre-vingt que d’autres initiatives ont vu petit à petit le jour.

Collectif Tiers-Monde Carouge
A la fin des années quatre-vingt, les membres fondateurs du Balafon collaboraient déjà dans le cadre du Collectif tiers-monde de Carouge (CTMC). Outre certaines activités communes (manifestations, marchés hebdomadaires de Carouge, marchés de Noël), les membres actifs étaient fortement engagés dans de nombreuses institutions genevoises qui ont marqué et qui marquent encore la vie de la coopération de notre canton (Terre des Hommes Suisse-Genève, Mouvement populaire des familles, Magasins du Monde, Déclaration de Berne, La Florida et Genève Tiers-Monde). Ils ont donc constitué en 1988 / 1989 le CTMC et en 1989 le magasin La Calebasse à la rue Saint Joseph. La Calebasse, dont la surface est très petite, a vite atteint les limites de son fonctionnement en termes de volume, d’organisation et de priorité des intérêts de ses membres. C’est donc bien naturellement que certains membres ont voulu démontrer que le commerce équitable peut surpasser certaines limites telles qu’une partie du bénévolat, en professionnalisant l’activité commerciale mais aussi en montrant que le commerce équitable n’est pas l’apanage des pays en développement mais aussi une dynamique à faire valoir dans nos régions.

Genève Tiers-Monde
Cette association née en 1983 a toujours été active au développement de projets notamment économiques dans les pays en développement. C’est ainsi qu’elle a rapidement soutenu le projet Maam Samba au Sénégal en vue de l’agrandissement d’un atelier de couture. Au milieu des années nonante, GeTM a effectué une étude afin de définir l’opportunité de vendre les marchandises importées non plus seulement à la Calebasse mais aussi auprès de commerçants de la place genevoise. Très vite s’est alors imposée l’évidence économique de gérer ses propres surfaces de vente.

Création du Balafon
Comme une évidence est apparue l’importance de mettre en valeur la complémentarité de trois associations[7] œuvrant dans la coopération internationale : Genève Tiers-Monde par l’appui et la gestion de projets de développement, les Magasins du Monde par les activités commerciales équitables et la Déclaration de Berne par la production de matériel didactique et l’interpellation parlementaire en Suisse. L’opportunité d’une surface commerciale qui se libère (Le Balafon actuel) a irrémédiablement poussé les trois institutions à initier le magasin en 1996 pour le structurer, nous l’avons vu plus haut, en fondation en 1997. En cette année 2011, le Balafon fête donc ces 15 ans d’activité.
10 NORMES DE BASE DU COMMERCE EQUITABLE
1 Créer des opportunités pour les producteurs qui sont économiquement en situation de désavantage. Le commerce équitable est une stratégie pour le combat contre la pauvreté et pour le commerce soutenable. Son but est de créer des opportunités pour les producteurs désavantagés ou marginalisés par le système du commerce conventionnel.
2 La transparence et la crédibilité. Le commerce équitable comprend la gestion de la transparence et les relations commerciales pour faire des affaires avec nos partenaires commerciaux.
3 La capacité individuelle. Le commerce équitable est un moyen de développer l'autonomie des travailleurs. Les organisations du commerce équitable procurent de la continuité durant laquelle les producteurs et les organisations de marché peuvent améliorer leurs capacités de gestion et leur accès aux nouveaux marchés.
4 Promouvoir le commerce équitable. Les organisations du commerce équitable ont pour objectif de sensibiliser leur clientèle ainsi que le grand public aux injustices du système commercial actuel. Elles doivent aussi être en mesure de fournir de l'information sur l'origine de ses produits, les conditions de travail des producteurs etc.
5 Le paiement d'un prix juste. Un prix juste dans un contexte local ou régional est accepté après dialogue et concertation. Cela couvre non seulement les coûts de production mais permet également une production qui est socialement juste et bien pour l'environnement. Cela fournit un prix juste aux producteurs et prend en compte le principe d'un salaire égal pour un travail égal par les hommes et par les femmes. Les organisations de commerce équitable assurent un paiement immédiat à leurs partenaires et parfois aident leurs producteurs avec le financement d'un crédit avant la récolte ou avant la production.
6 Égalité entre les sexes. Les organisations issues de la filière équitable valorisent le travail des femmes : celles-ci doivent toujours être payées pour leurs contributions dans le processus de production. La présence des femmes au sein de la gouvernance de ces organisations est aussi encouragée.
7 Les conditions de travail. Le commerce équitable signifie un environnement de travail sain et sûr pour les travailleurs. La participation des enfants (si jamais) n'affecte pas négativement leur bien-être, leur sécurité, leurs conditions éducatives, et leur besoin de jouer et est conforme à la convention des Nations-Unies sur les droits des enfants ainsi qu'aux lois et normes du pays.
8 Le travail des enfants. Les organisations du commerce équitable respectent la convention des Nations-Unies sur les droits des enfants, ainsi que lois et normes sociales sont appliquées afin d'assurer que la participation des enfants dans les processus de production des produits équitables ne va pas á l'encontre de leur bien-être, leur sécurité, leur conditions éducatives et besoin de jouer. Les organisations qui travaillent directement avec des organisations informelles révèlent la participation des enfants dans la production.
9 L'environnement. Le commerce équitable encourage activement de meilleures pratiques environnementales et l'application de méthodes responsables de production.
10 Les relations de commerce. Les organisations de commerce équitable font du commerce en tenant compte du bien-être social, économique et environnemental des petits producteurs marginalisés et ne font pas de profit derrière leur dos. Elles maintiennent de longues relations qui reposent sur la confiance et le respect mutuel qui contribuent à la promotion et l'agrandissement du commerce équitable. Parfois les producteurs sont soutenus par des crédits avant la récolte ou avant la production.


2NEWS est le réseau européen des Magasins du Monde. EFTA (European Fair Trade Association) réunit les organisations européennes d’importation. IFAT (International Federation for Alternative Trade) regroupe les organisations de producteurs et les organisations du commerce alternatif (148 membres dans 48 pays dont 42 membres dans 13 pays d’Europe). FLO (Fairtrade Labelling Organizations) regroupe les organismes de labellisation (Max Havelaar, Fairtrade et Transfair). FINE regroupe ces quatre organisations faîtières, par exemple pour des actions de lobbying.
[2] Fairtrade Labelling Organizations International (2007). www.fairtrade.net. URL accessed on May 24, 2007.
[3] Fairtrade Labelling Organizations International (2006). Fairtrade FAQs [archive] URL accessed on December 14, 2006.
[4] Fairtrade Labelling Organizations International (2006). Annual Reports 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005. [archive] URL accessed on October 4, 2006.
[5] www.swissfairtrade.ch
[6]www.projetswaki.ch,www.mdm.ch,www.lebalafon.ch,www.heartical.eu,www.capindigo.ch
[7] www.mdm.ch, www.getm.ch, www.evb.ch Depuis plus de 40 ans, les MdM défendent l'idée et la pratique d'un commerce mondial équitable. Ils soutiennent les producteurs dans leur effort pour atteindre une plus grande autonomie économique et politique et informent le public suisse sur les inégalités du commerce Nord-Sud. En Suisse, il y a près de 200 magasins et points de vente du commerce équitable (40 MdM en Suisse romande, 140 magasins « Claro » en Suisse allemande, quelques botteghe del modo au Tessin et de nombreux points de vente). La DB est une association suisse pour un développement solidaire. Elle intervient publiquement pour participer à un véritable changement dans les relations économiques, politiques, sociales et culturelles. La DB organise régulièrement des campagnes d'information afin de sensibiliser les gens aux relations Nord-Sud et fait du "lobbying" auprès des autorités politiques et des entreprises. GeTM est une association d’appui au développement qui apporte un soutien aux initiatives locales dans les pays du Sud. Elle s’est spécialisée dans les domaines de l'éducation et de la formation, de la gestion de l’environnement, de l'organisation communautaire et dans le commerce équitable. Elle est active dans l’information et le lobbying à Genève et a joué un rôle clé lors de la promotion de la loi dite « 0,7% » destinée à la coopération au développement.
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